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Le combat des travailleurs du port d'Anvers.

Vendredi 4 avril 2014, les médias ont relaté une manif qui dérape à cause des dockers du port d’Anvers.

Le sensationnel fait toujours vendre mais derrière ces tensions sociales, il y a un vrai combat que tait la presse ! L’UBT, syndicat des travailleurs du port d’Anvers se doit de rétablir la transparence autour de la lutte syndicale menée par ces travailleurs.

 

Septembre 2013, F. Huts, grand patron du groupe logistique Katoen, magnat du port, a fait savoir qu’il allait supprimer pour 211 millions d’euros d’investissements dans le port d’Anvers, forcé prétexte-t-il par « l’insécurité juridique » dans laquelle se retrouveraient les travailleurs de Logisport, une filiale de Katoen Natie, suite à une décision du service public fédéral de l’Emploi, du Travail et de la Concertation Sociale.

 

Ce qu’il omet de dire surtout, c’est qu’il n’admet pas de se faire taper sur les doigts par les syndicats et les autorités alors qu’il se moque bien des lois sociales.

 

En parlant d’insécurité juridique, Huts, déforme les faits. Ce dont il s’agit en fait c’est que l’entreprise Logisport, emploie en toute illégalité du personnel non qualifié pour le travail portuaire. Il s’agit surtout d’occupation de gens venus d’Europe de l’Est qui, via une agence d’intérim hollandaise, débarquent à Logisport et accomplissent des tâches sous-payées dans des conditions très dangereuses.

 

Cette situation a été dénoncée fin juin 2013 par les syndicats portuaires et  Huts a alors refusé tout contrôle, après quoi, les syndicats sont bien évidemment passés à l’action. Huts a riposté en menaçant de réclamer des dommages et intérêts de 16.000 euros par travailleur en grève mais, le SPF ETCS (SPF Emploi Travail –Concertation Sociale) a donné raison aux syndicats. Une inspection a mis à jour le constat de plusieurs infractions aux réglementations portuaires. Quand Huts s’exprime au nom de l’insécurité juridique, il veut expliquer tout simplement sa crainte de devoir à rémunérer correctement son personnel.

 

Huts ne s’arrête pas. Il nie, menace de supprimer d’importants investissements, traîne l’Etat belge en justice et crie haut et fort : « donnez-nous satisfaction ou nous levons l’ancre ».

 

Sachez qu’en 2012, sur un bénéfice de 16 millions d’euros, Logisport a payé seulement 1.500 euros d’impôt.

 

Mais Huts décide d’aller encore plus loin avec le soutien de De Wever notamment. Dans une lettre ouverte aux entreprises portuaires et aux hommes politiques d’Anvers et de Beveren, il déclare que les investissements et l’emploi peuvent encore être sauvés en réduisant le champ d’application de la loi Major, une loi qui régit le travail portuaire. Dans sa lettre, Huts explique qu’il ne veut pas toucher à la loi mais il ne veut pas qu’elle s’applique à lui.

 

D’autres patrons du port réticents quant à la façon de faire de Huts, sont d’accord avec lui sur le fond mais ils préfèrent détourner l’approche dure sur l’Europe et ensuite sous la pression européenne, imposer des concessions aux travailleurs portuaires.

 

Te veel is te veel dit-on en Flandre ! La logistique n’offre pas de garantie d’emploi stable au port. En effet, dans une grande majorité des entrepôts du port d’Anvers, les équipes avec emploi stable ont déjà été réduites au minimum. Il est fait constamment appel à des intérimaires, une main d’œuvre bon marché, flexible et qui remplace de plus en plus les dockers qualifiés.

 

Tout ce que veut Huts, c’est faire son truc sans qu’on y trouve à redire.

 

Depuis longtemps déjà, l’Europe pousse à la libéralisation complète des ports européens. Le statut du travailleur portuaire est un sérieux frein à cette libération et c’est tant mieux quand on sait que le dumping social explose et que la sécurité dans tous les sens du terme n’est pas la priorité de ce libéralisme et donc de l’Europe.

 

Inacceptable bien entendu !

 

Qu’est-ce que la loi Major :

 

La loi Major de 1972 protège les travailleurs portuaires dans tous les ports belges. La loi réglemente avec quelques autres arrêtés d’exécution, les conditions de travail et décrit avec précision ce qu’on doit entendre par travail portuaire. Seuls des dockers qualifiés et reconnus peuvent effectuer des tâches portuaires. En 2000, la loi a été ajustée et est apparu alors un statut spécial pour les travailleurs logistiques dans les entrepôts portuaires.

 

Ce statut est-il important ?

 

Oui, le statut portuaire est nécessaire parce que les conditions de travail préétablies sont nécessaires dans des secteurs dangereux comme le port. A ce sujet, il existe une propre école de formation des travailleurs du port à amélioration de la sécurité. Sans le statut portuaire, beaucoup de personnages comme Huts viendraient submergés le port et prôneraient de bas salaire pour un profit maximal au détriment du dialogue social, des relations sociales et surtout de la sécurité de, autour, dans et pour les travailleurs du port.

 

Publication du 07/04/14

 

 

 

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